Un pastiche de Lysiane Gagnon

Dans la chronique Abribus de millionnaires, parue dans La Presse le 11 novembre 2010, Lysiane Gagnon dénonce que la ville consacre 14 millions à de nouveaux abribus. Elle s’insurge également de l’importance accordée aux pistes cyclables.

La chronique de Lysiane Gagnon parle aussi de la nouvelle mouture du projet de réfection de l’échangeur Turcot, qu’elle est soulagée de voir enfin construit par et pour des adultes rationnels. Il paraît plus logique au Collectif Montréal à vélo de dénoncer plutôt ce projet, qui, rappelons-le, représente un investissement de plus de 3 milliards de dollars. Voici donc un pastiche de la chronique de Madame Gagnon.

Échangeur de milliardaires

On encourage les transports en commun et les transports actifs, de même que la cohabitation entre piétons, cyclistes et automobilistes, et je suis bien la première à m’en réjouir. Mais est-ce une raison pour imposer aux citoyens un échangeur de milliardaires?

Reconstruire un échangeur vieux de quarante ans, j’en suis. Mais il faut garder le sens de la mesure. Or, cette qualité semble n’avoir jamais existé au Ministère des Transports du Québec. À preuve, l’importance absolument disproportionnée que nos élus accordent à la circulation automobile, dans une ville qui est aux prises avec la pollution et la congestion douze mois par année.

Même les jours de tempête, la majorité des gens prennent leur voiture. L’industrie de l’automobile est une entreprise fort lucrative. Même si les voitures sont de plus en plus écologiques, elles demeurent un fiasco pour notre santé et notre sécurité. Des études montrent qu’à Montréal, haut lieu de culture automobile, la pollution de Montréal donne lieu à 1500 décès prématurés par année, les mères qui vivent près des autoroutes sont plus susceptibles de donner naissance à des bébés de petit poids et en moyenne 5 piétons sont blessés chaque jour.

On a échappé au meilleur, la dictature de la culture automobile étant toujours au centre  des décisions de Québec. On verra un jour, un Turcot 2 conçu par et pour des automobilistes faisant fi de notre sécurité et de notre qualité de vie.

Voici encore le vieil engouement du Ministères des Transports du Québec: une ville conçue en fonction de l’automobile.

On veut en mettre partout. L’idée est mauvaise, assurément, parce que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre s’explique en bonne partie par le transport routier. Mais pourquoi dépenser plus de 3 milliards de dollars pour détruire notre environnement et notre qualité de vie?

Pourquoi faut-il que ce nouvel échangeur maintienne la capacité routière? Pourquoi ces automobiles, dans une ville où le mobilier urbain est modeste et où les besoins essentiels ne sont même pas assurés? Dans une ville qui a le record de la pauvreté urbaine au Canada et où les effets de l’automobile affectent surtout les plus pauvres?

Ah! Mais ce sera, dit le Ministère des Transports du Québec, «un projet de développement urbain dans un contexte de développement durable».

Où est-ce qu’il a vu que ce projet était un projet de développement urbain, le MTQ? Cette caractéristique ne s’applique que dans la tête des fonctionnaires de Québec, il suffit de voir au-delà du green washing pour constater le contraire.

C’est sympa, un échangeur qui augmente la fluidité, mais nous, les cyclistes montréalais, avons très peur d’en subir les effets.

Le Collectif Montréal à Vélo

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